L'Oeil du Nord
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 [Libre] Les poulets ne savent pas voler...

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Ellane Wels

Ellane Wels
La contorsionniste

RANG : Archeus
MISSIVE ENVOYÉES : 8


[Libre] Les poulets ne savent pas voler... Vide
MessageSujet: [Libre] Les poulets ne savent pas voler...   [Libre] Les poulets ne savent pas voler... Icon_minitimeLun 24 Mai - 15:27

Le craquement du toit résonna comme une sombre promesse dans la rue vide d'Archéus. Pourtant, les flocons continuèrent à tomber, inlassablement, sur les pavés froids et les membres engourdis des rares personnes qui osaient sortir le nez dehors avant de rentrer presque aussitôt. Personne ne semblait être au courant de ce bruit qui aurait pourtant du tous les faire frissonner, et se demander ce qu'il se passait. Mais ils préféraient rester au chaud, ces doux idiots, et ils avaient, en somme, bien raison. Avait-on comme idée de sortir dans ce froid particulièrement tranchant alors qu'une pièce tout confort vous attendait à quelques mètres à peine ? Surtout quand les premières lueurs et juste elles brillaient légèrement à l'autre bout de la ville. Non, décemment pas. Et ces pauvres humains et autres créatures plutôt fortunées l'avaient très bien compris. Aussi, même le craquement du toit qui aurait pu faire penser au premier coup de semonce d'une attaque ennemie ne pouvait les dissuader de continuer à converser en famille sans se soucier le moins du monde de ce qui les entourait. Et puis de toute façon, Dieu les protégeait. Que leur niaiserie doublée de naïveté étaient touchantes. Dieu n'en avait jamais rien eu à cirer, et ça ne serait pas aujourd'hui que cela allait commencer. Quitte à ce que leur toit leur tomber sur la tête.

La rouquine se releva du sol où elle était tombée, heureuse de ne rien s'être brisée. L'une de ses épaules était déboîtée, mais de ça elle en avait l'habitude, et un craquement plus tard, elle était remise en place sans que Ellane n'ait sourcillé. Elle leva les yeux vers la fenêtre d'où elle était sortie, trois ou quatre mètres au dessus, et qui lui paraissait maintenant non atteignable. Même pour un géant. La chute avait été rude. Elle en connaissait maintenant la raison. Et les débris d'ardoises qui reposaient par terre semblaient avoir pris un sacré coup, elles aussi. Et pour cause, c'était en voulant descendre qu'elle avait malencontreusement glissé sur le toit qui n'avait pas résisté sous son poids, malgré qu'elle soit particulièrement menue et petite.

Certes, une personne normale aurait emprunté la porte, comme tout le monde me direz vous, mais de un, elle n'était pas une personne normale, et de deux, elle n'avait aucunement l'intention de payer sa chambre à l'aubergiste. Les draps étaient suffisamment rêches et la bouffe trop dégueulasse pour qu'elle lui refile les rares pièces qu'elle avait gagnées en travaillant, et dur, elle. Dommage qu'elle soit aussi maladroite, c'était inévitable à chacune de ses expériences, elle se plantait lamentablement et en beauté sans réussir à faire quoi que ce soit de discret. Un jour il lui faudrait apprendre, mais pour le moment elle croyait entendre les cris indignés des autres occupants alertés par le bruit, mais pas suffisamment fous pour se lever. Pauvre d'eux, elle serait déjà partie quand le gros homme sortirait enfin son crâne rasé luisant de sueur du lit qu'il aurait sûrement partagé avec l'une ou l'autre de ces maîtresses de bordels.

Rapide, elle regarda aux alentours pour vérifier qu'elle n'oubliait rien, comme elle avait pu le faire dans la chambre, et elle traça sur le sol un coeur dans la neige suivit d'un « merci ». C'était ironique, bien sûr, mais elle n'avait pas pu résister à la tentation. Elle resserra les pans de sa cape autour de sa silhouette, dissimulant tant bien que mal son visage dans la capuche bleu, ainsi que ses cheveux coiffés grâce à une multitude de perles blanches. Oui, elle avait une représentation dans la soirée. Et elle promettait d'être géniale. En attendant, elle courut jusque dans la rue d'à côté où elle se posa contre le mur, guettant le moindre pas.
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Dr. Freyja Howlin
Admin et Fondatrice Ethérée

La Mère des Damnés
l'ombre de la cité maudite.
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[Libre] Les poulets ne savent pas voler... Tumblr_mh5o57wcMz1qbji6ao1_500
JE SUIS : le règne nouveau.
RANG : couronne de Dieppgard.
METIER : dirigeante du peuple mort-vivant.
MISSIVE ENVOYÉES : 48


[Libre] Les poulets ne savent pas voler... Vide
MessageSujet: Re: [Libre] Les poulets ne savent pas voler...   [Libre] Les poulets ne savent pas voler... Icon_minitimeSam 29 Mai - 14:24

[Libre] Les poulets ne savent pas voler... Demost10[Libre] Les poulets ne savent pas voler... Img-225440jlpah
Je joue Démosthène & Narcissa

L'avantage d'être mort, c'est de ne jamais être bourré.

« Une autre chope d'hydromel, s'il vous plait. »

Capuche sur la tête, tête contre le mur, mur contre la joue, joue trop pâle, Démosthène observait avec une fausse désinvolture les quelques badauds de cette mauvaise enseigne. Il porta le liquide mordoré à sa bouche, en but une petite gorgée, grimaça imperceptiblement. L'alcool ne lui tenait guère au coeur. Mais c'était ici la seule façon de passer pour inconnu. Difficile seulement de se fondre dans la masse lorsqu'on a deux yeux rougeoyant d'une lueur malsain et contre-nature. Le soir était tombant, le silence aussi, tellement présent qu'il est était gênant. Le Damné ne prend pas plaisir à ces balades nocturnes dans ces bars miteux et douteux, mais ce qui fait l'indéniable intérêt et qualité de ces lieux, c'est bien sûr leur capacité à vous offrir des informations qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Ah ! Si on le savait là, le gentil Démosthène, si on le savait oreille attentive à tous complots, toutes machinations... Car ici les personnes passent, encerclées de manteaux crasseux, de capes sombres, de larges capuches. Ils murmurent quelques mots, jettent quelque regard farouche autour d'eux. Un humain n'entendrait pas. Un Damné, si. L'avantage d'être mort, c'est d'avoir l'oreille du prédateur.

Mais ce soir non, il n'attendait rien et n'en espérait pas plus. Une récente conversation avec le baron Oswald avait tourné au vinaigre, et l'ambassadeur d'Undercity n'avait pas tenu à errer plus longtemps dans la citadelle. De toutes ses qualités sa sombre reine lui avait offert la plus indéniable, l'arme la plus redoutable, la plus puissante, le charisme. Et l'intelligence de surcroit. Comme toujours, ses pensées tournoyaient dans son esprit, mais ce soir non, rien n'était clair. De vilains doutes et craintes avaient entaché sa confiance, la peur de mal faire, de ne pas faire, première venue et sûrement dernière à repartir. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas trainé avec lui une âme aussi troublée, aussi embourbée, aussi emmêlée avec elle-même. Sa parole, sa voix, ses mots qui avaient fait leur effet de maintes fois ne sortaient plus sans être arrachés. Réfléchir, à trop réfléchir on ne réfléchit plus, on bourdonne. Rah, quelle mauvaise sensation.

Le silence s'abat, lourd et impérieux, sur la salle murmurante. La porte s'est ouverte, un vent glacé a charrié avec lui dans la salle une odeur aigre et métallique. La personne qui vient d'entrer a empli la pièce de sa seule présence, et en refermant la porte l'odeur est plus forte encore. Lentement, pour ne pas se faire remarquer, Démosthène se retourne de même que les autres clients du pub. Et s'il n'était pas mort, son sang se serait glacé. Car la demoiselle – car c'en était une, sa chemise légèrement ouverte malgré le froid ne pouvait laisser de doute là-dessus – s'avança à pas mesurés, imposante, effrayante. Et le Damné comprit cette odeur, bien qu'il l'eut immédiatement reconnue. C'était du sang. L'odeur du sang. Cette femme en était couverte. Elle s'arrêta alors, les mains sur les hanches, le regard et le visage même recouvert d'une grande capuche noire. On crut voir sa langue passer sur ses lèvres, comme si elle se pourléchait, tandis qu'on devinait qu'elle baladait un regard malsain sur chacun des hommes présents dans la taverne. Aucun ne bougeait. Pas même la barman. Car on savait qui elle était, on savait qu'elle était payée pour tuer, on savait qu'elle jouait avec ses proies comme un chat avec une souris, on savait que pas une seule fois dans l'histoire elle n'avait manqué sa cible ou raté un contrat, à l'instant même où les pièces tombaient dans sa main cette personne était déjà morte. Car on savait qu'elle s'appelait Narcissa.

« J'ai passé beaucoup de temps à te chercher, tu sais. Il est tard. Il est temps pour les méchants enfants d'aller dormir. ♥ »

Son regard était fixé devant elle, dans le vide, il regardait sans voir. La seule personne que ces propos concernaient comprit immédiatement. Avec des gestes imperceptibles, Démosthène déposa quelques Yis sans bruit sur le bord de la table, ses bouquins sous le bras. Un bourdonnement sourd avait bouché ses oreilles, sa vue était devenue floue, imprécise. Ce n'était pas de la peur, c'était autre chose. Ce n'était pas la première fois, mais pour elle, si. Et avec elle, les choses seraient moins faciles. Il se leva avec une lenteur calculée. Il avait parfaitement saisi la psychologie de la tueuse. Il en avait assez attendu. Il savait ce qu'elle ferait. Alors il passa à côté d'elle en marchant, sans se presser, il atteint la porte de l'établissement et, sans un mot de plus, resserra sa cape et s'engouffra dans les rues sombres de la basse-ville.

A peine le bois de la porte eut-il cogné contre le fer de son encadrement qu'il s'élança sur les pavés enneigés aussi vite que ce que les lois de la physique pouvait lui permettre.


« Cours, petite fille, cours ! »

Ainsi résonna le cri hystérique de Narcissa, la Lame Pourpre.


Les flocons venaient gifler ses joues pâles, au Démosthène qui courrait à travers le labyrinthe sans fin de la basse-ville. Plusieurs fois dans sa course, il glissa sur la neige trop tassée de certaines allées, ou s'enfonça dans la poudreuse des ruelles désertes. Parfois le rire enfantin de la tueuse à gages lui parvenait aux oreilles, signe qu'elle se rapprochait sans se presser, comme pour le faire languir, le faire trembler plus longtemps. Mais quand le froid ne vous fait pas trembler, alors la mort n'y arrive pas, Narcissa, ce soir tu n'auras pas ce plaisir. Rien que celui de tomber contre ta victime, de sentir son corps de non-mort contre le tien, de déchiqueter sa chair sans en tirer autre chose que de la douleur. Et puis, quand tu en auras marre, tu viseras le cou, la base du cou, et l'instant d'après ce sera le silence. Fidèle à ses images, la demoiselle, féline, saute du toit où elle le guettait pour se réceptionner juste en face du Damné, stoppant subitement sa course. Sans lui laisser le temps de la surprise, elle dégaine, s'échauffe. Il esquive, belles esquives, d'ailleurs, mais il n'est pas armé. Un ambassadeur ne l'est pas. Trop tard, la lame déchire le manteau, l'ouvre sur un ventre trop musclé, justement, pour un ambassadeur. Elle y creuse un léger sillon rouge. Mais c'est qu'il sait se battre ? Tiens, ce pourrait être drôle ! De nouveau, pourpre, vicieuse, la lame s'abat, et cette fois elle transperce le flanc du mort-vivant. Il retient un hurlement, mais gémit de souffrance. Hystérique, Narcissa retire son épée et laisse à sa souris le loisir de s'enfuir. Comme un chat, elle lèche avec délice le sang sombre et inutile du non-mort.

« Combien de fois faudra-t-il que je te tue avant que tu ne meures, mon chéri ? ♥ »

C'est insupportable, cette douleur, et elle est insupportable car elle aurait déjà enlevé la vie à un humain, et comme elle ne peut pas, alors c'est la raison qu'elle tente d'arracher. Démosthène se tient son côté droit à deux mains, comme la plaie est énorme, béante, et décidément non, ce ne serait pas classe de perdre ses entrailles dans les rues de la basse-ville. Le sang, lui marque son passage et sa présence. Il y en aurait 5 litres à verser, avant qu'enfin il ne s'arrête. Le liquide rouge le rend malade, il en crache un peu, vacille. Un rire féminin éclate dans sa tête. Le sol le happe, il pose une main ensanglantée sur le sol pour ne pas tomber. Les doigts rouges rencontrent une lettre. M.

« Merci... »murmure-t-il inconsciemment en lisant le mot.

Et un petit coeur, à côté.

C'est trop calme, le calme est revenu. Avec une grimace de douleur, le diplomate plaque une main contre la plaie et se relève doucement, regarde autour de lui. Personne, et il lui a semblé entendre un bruit sourd. Il attend, mal dans ce quartier qui n'est pas le sien. La neige est irréelle, tout autant que le sang qui s'écoule entre ses doigts. Un instant de répit pour mieux déguster ta souffrance. Car ceci n'est qu'un avant-gout de ce que je te donnerai... semble crier son ventre brulant et supplicié à l'extrême. Trouver quelqu'un, parler à quelqu'un. Non, rentrer chez toi. C'est où, chez toi ? La jeune fille, là-bas, le sait peut-être... Non, tu ne sais plus ce que tu dis. Ton sang a rougit ta belle chemise blanche et ta peau tout aussi claire. Elle ne devrait pas être là cette gamine... Tu t'abrutis ou quoi, Démosthène ? Tu sombres... Tu tombes...


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